Vote catholique

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Solidarité

Option préférentielle pour les pauvres

La doctrine sociale invite à une « option préférentielle pour les pauvres », qui doit inspirer les choix économiques et budgétaires : accès aux soins, au logement, à l'éducation, lutte contre l'exclusion, coopération internationale au développement. Cette exigence ne se limite pas à l'assistance ponctuelle ; elle interroge les structures qui produisent ou perpétuent la pauvreté. La tradition morale distingue aussi un « ordre de la charité » (ordo caritatis) : la proximité (famille, patrie) peut légitimement organiser une priorité concrète dans l'exercice de la charité, sans jamais devenir une exclusion de principe de qui n'en relève pas — un point que le magistère récent a explicitement rappelé.

Paul VI, Populorum Progressio — 1967

Affirme que le développement authentique est celui de tout l'homme et de tous les hommes, et appelle à la solidarité entre nations riches et pauvres.

Jean-Paul II, Sollicitudo Rei Socialis — 1987

Définit la solidarité comme une vertu, « détermination ferme et persévérante de s'engager pour le bien commun », et non un simple sentiment.

Compendium de la doctrine sociale de l'Église — §192-196

Présente la solidarité comme principe social exigeant un engagement effectif pour le bien du prochain.

Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique — II-II, q. 26

Formule l'« ordre de la charité » : après Dieu, l'homme est redevable en priorité à ses parents et à sa patrie — un ordre repris ensuite par Léon XIII (Sapientiae Christianae, 1890, §8) et Pie XII (Summi Pontificatus, 1939) pour fonder un patriotisme légitime.

François, Lettre aux évêques des États-Unis — 10 février 2025

Rappelle, en réaction à l'invocation politique de l'« ordo amoris » pour justifier des restrictions à l'accueil des migrants, que le véritable ordre de la charité, à l'image du bon Samaritain, s'élargit en cercles concentriques sans jamais ériger de mur excluant qui que ce soit de la fraternité universelle.

Positions sourcées à partir des programmes, votes et déclarations publiques des candidats, arrêtées au 11 octobre 2026— une campagne évolue, et un thème sans source suffisante est marqué « non évalué » plutôt qu'inventé. Chaque note de 1 à 5 est indicative et justifiée ; voir la méthodologie.

Position des candidats sur ce thème

Nathalie Arthaud4/5

Elle exige une « augmentation massive des salaires, des allocations et des pensions » indexée sur les prix, la construction et la rénovation de logements financées par la confiscation des profits des groupes pétroliers et d'armement, des embauches dans les hôpitaux et les Ehpad, et la régularisation de tous les sans-papiers ; elle dénonce les dizaines de milliers de personnes à la rue. Peu de détail sur les minima sociaux et le handicap. → Note 4 : attention forte aux plus pauvres, sans discrimination de nationalité, mais mesures peu détaillées.

Source — Brochure « Présidentielle 2027 », mai-juin 2026 ; discours du 26 septembre 2026

Jean-Luc Mélenchon5/5

L'édition 2025 du programme prévoit une « garantie d'autonomie » portant le revenu de chacun au seuil de pauvreté (1 216 euros par mois pour une personne seule) ; il avait promis en 2021 200 000 logements sociaux par an et, en 2022, la fin des Ehpad à but lucratif. → Note 5 : convergence forte avec l'option préférentielle pour les pauvres (minima, logement, dépendance).

Source — melenchon2027.fr, L'Avenir en commun (édition 2025) ; Ouest-France, 26 novembre 2021 ; franceinfo, 10 février 2022

Fabien Roussel3/5

En février 2025 il a réaffirmé vouloir « supprimer le RSA » au profit d'un emploi garanti, et en septembre 2022 il opposait une « gauche du travail » à celle « des allocations et des minima sociaux » ; il a voté contre la loi plein emploi (10 octobre 2023). En septembre 2026, il refuse un budget imposant des sacrifices aux retraités et aux malades. → Note 3 : refus de l'austérité pour les plus fragiles convergent, mais suppression annoncée du RSA et discours critique des minima sociaux en tension avec l'option préférentielle pour les pauvres.

Source — Le Figaro, 20 février 2025 (cité par Wikipédia) ; Wikipédia, « Fabien Roussel » (consulté le 11 octobre 2026) ; Datan, vote du 10 octobre 2023 ; LCP, 6 septembre 2026

François Ruffin5/5

Son cahier logement propose 200 000 logements à loyer abordable par an, l'extension de l'encadrement des loyers, l'abrogation de la loi Kasbarian-Bergé sur les expulsions et que "l'accès à un logement durable doit être un droit inconditionnel". Son plan écologique prévoit en outre une rénovation globale pour sortir "des millions de personnes de la précarité énergétique". → Note 5 : option préférentielle pour les plus pauvres nettement affirmée (logement, expulsions, précarité énergétique).

Source — nouspresident.fr, cahier « Face à la crise du logement » et « Travaillisme écologique », 2026

Marine Tondelier5/5

Elle a fait de la sécurité sociale de l'alimentation sa première priorité pour 2027, propose de « garantir le droit au logement pour toutes et tous » (courrier du 17 avril 2026), un relèvement des minima sociaux (fiche France-Vote) et s'est opposée au conditionnement du RSA à une activité (Public Sénat, 2023, cité par monvote2027.fr) comme à un délai de carence pour les étrangers. → Note 5 : convergence forte avec l'option préférentielle pour les pauvres, y compris sans distinction de nationalité.

Source — Wikipédia (fiche Marine Tondelier, consultée le 11 octobre 2026) ; France 24 (AFP), 17 avril 2026 ; France-Vote, 7 septembre 2026

Delphine Batho4/5

Elle a voté pour le PLFSS 2026 (lecture définitive, 16 décembre 2025) et pour le versement des allocations familiales dès le premier enfant (5 juin 2025). Son mouvement dénonce l'introduction de « la préférence nationale » dans le droit social (20 décembre 2023) et alerte sur la précarité énergétique. Logement et handicap : pas de position récente documentée. → Note 4 : défense des aides sociales sans discrimination de nationalité ; ni le logement ni le handicap ne sont documentés.

Source — Datan.fr, fiche des votes de Delphine Batho ; Génération Écologie, 20 décembre 2023

Raphaël Glucksmann5/5

Son programme prévoit un minimum social unique accessible dès 18 ans, l'automatisation de l'accès aux droits, un plan « Marshall » pour le logement (encadrement des loyers, logement social, « logement d'abord » contre le sans-abrisme), le soutien aux proches aidants, l'accessibilité universelle pour tous les handicaps et une réforme de l'aide sociale à l'enfance. → Note 5 : option préférentielle pour les plus pauvres, le logement, le handicap et l'enfance en danger clairement portée.

Source — Place publique, « Acte I », chantiers 25, 26, 27, 28 et 31

Olivier Faure4/5

Il propose de plafonner le loyer à 30 % du budget des ménages, un SMIC à 1 700 euros et le retour à la retraite à 62 ans ; selon un site agrégateur, le PS qu'il dirige propose aussi de revaloriser les minima sociaux, de rejeter la condition d'activité du RSA et de maintenir l'Aide médicale d'État (sources secondaires). Il a aussi voté contre le texte de 2025 visant à dénoncer les accords franco-algériens. → Note 4 : option pour les plus modestes (logement, minima, accès aux droits sans condition de nationalité), dont les modalités de financement restent peu détaillées.

Source — repere2027.fr, 2026 ; programme-candidat.fr, 2026 ; Datan.fr, votes d'Olivier Faure

Ségolène Royal3/5

Elle promet « un hôpital qui soigne partout » et dénonce des capacités hospitalières « supprimées à la hache » ; elle met en avant le pouvoir d'achat des familles et des retraités. Aucune mesure précise n'a été retrouvée sur les minima sociaux, le logement, le handicap ou la pauvreté. → Note 3 : sensibilité sociale réelle, mais position peu détaillée sur l'option préférentielle pour les pauvres.

Source — Profession de foi « L'Ordre juste », choisir2027.fr, 2026 ; La lettre de Ségolène, segolene-ordrejuste.fr, septembre 2026

Jérôme Guedj5/5

Il a voté contre le projet de loi fraudes (7 avril 2026) en dénonçant des sanctions automatiques contre les allocataires « suspectés », avait saisi le Conseil constitutionnel contre la réforme du RSA (novembre 2023), condamné en 2024 la « préférence nationale » pour les prestations sociales, et défend la Sécurité sociale intégrale, une loi grand âge et la lutte contre l'isolement des personnes âgées. → Note 5 : engagement constant et documenté pour l'accès effectif des plus fragiles à leurs droits, sans condition de nationalité.

Source — jerome-guedj.fr, 7 avril 2026 ; jerome-guedj.fr, 16 novembre 2023 ; jerome-guedj.fr, 9 janvier 2024

Emmanuel Maurel4/5

Il propose 750 000 logements sociaux en cinq ans et s'oppose à conditionner le RSA ; il a voté contre le renforcement des sanctions de la fraude aux prestations sociales (30 mars 2026) et pour la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (16 décembre 2025). → Note 4 : priorité aux plus fragiles et au logement, sans documentation sur le handicap.

Source — 2027etmoi.fr, octobre 2026 ; Datan, octobre 2026

Karim Bouamrane4/5

Son manifeste promet de loger et d'accompagner "les plus fragiles", des soins de qualité "quels que soient son lieu de résidence, ses revenus, son origine", la lutte contre les déserts médicaux et voit dans la personne handicapée "une vie à part entière à laquelle elle doit tout". Il présente le logement comme "la première source d'inégalité" et estime à 500 000 logements par an le déficit à combler (24 juin 2026). Aucune proposition documentée sur les minima sociaux. → Note 4 : engagement concret pour le logement, la santé et le handicap, sans position sur les minima sociaux.

Source — Manifeste, karimbouamrane2027.org, 2026 ; franceinfo, 24 juin 2026

Gabriel Attal2/5

Comme Premier ministre (30 janvier 2024), il a annoncé la généralisation du RSA conditionné à 15 heures d'activité et la suppression de l'allocation de solidarité spécifique au profit du RSA. Son plan de juillet 2026 prévoit une « année blanche » sur l'ensemble des prestations sociales au budget 2028 (petites retraites épargnées), deux tiers des 150 milliards d'économies provenant de la dépense sociale ; en contrepartie, il propose des aides carburant ciblées sur les travailleurs modestes et un plan de 400 000 logements par an. → Note 2 : l'effort d'économies pèse d'abord sur les prestations sociales, ce qui s'éloigne de l'option préférentielle pour les pauvres malgré quelques mesures ciblées.

Source — MoneyVox (AFP), 3 juillet 2026 ; MoneyVox, 30 janvier 2024 ; attalpresident.fr, 21 septembre 2026 ; Fondation iFRAP, comparateur Présidentielles 2027

Édouard Philippe3/5

En 2018, il a commandé un rapport sur l'accompagnement des bénéficiaires du RSA, centré sur l'activation et l'accompagnement vers l'emploi. Son programme 2026 prévoit une aide familiale unique et une hausse du salaire net, mais aussi la suppression des aides sociales des étrangers délinquants expulsés, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite et la moitié de l'effort budgétaire sur les dépenses sociales ; le groupe Horizons s'est abstenu sur les votes du budget de la Sécurité sociale 2026. Je n'ai pas trouvé de proposition documentée sur le logement, le handicap ou les minima sociaux. → Note 3 : souci d'insertion et d'aide aux familles, mais logique d'activation et de resserrement de la dépense sociale qui interroge l'option préférentielle pour les pauvres.

Source — Banque des Territoires, 6 septembre 2018 ; edouardphilippe.fr (consulté le 11 octobre 2026) ; Sud Radio (AFP), 8 octobre 2026 ; datan.fr, décembre 2025

Olivier Becht3/5

Il propose de remplacer l'assurance sociale par un "contrat universel" protégeant chacun "de la naissance à la mort", et promet que la Nation "n'abandonnera personne" ; il juge le modèle social "déshumanisé et injuste" et dénonce des établissements pour personnes âgées devenus "de véritables mouroirs". Mais "personne ne pourra recevoir sans donner aussi quelque chose en retour", et aucune mesure précise n'est documentée sur les minima sociaux, le logement ou le handicap (chapitre social du livre annoncé pour le 19 octobre 2026). → Note 3 : ambition universaliste affichée, mais principe de contrepartie généralisée et absence de mesures sur les plus pauvres.

Source — Dossier de presse, Le Projet France, 24 septembre 2026 ; becht2027.fr, Ses constats, consulté le 11 octobre 2026

Xavier Bertrand3/5

Il cite parmi ses priorités le logement, le handicap, la monoparentalité et les parents isolés, et affirme vouloir mettre fin au « dérapage des dépenses sociales » par des économies « partout où c'est possible » sans « mesures injustes ». Il vise en priorité la « classe moyenne » ; aucune position détaillée sur les minima sociaux ou le RSA n'a été retrouvée. → Note 3 : attention affichée aux plus fragiles, mais maîtrise des dépenses sociales et accent sur la classe moyenne plutôt que sur l'option préférentielle pour les pauvres.

Source — Le Figaro, 3 août 2026 ; L'Opinion, septembre 2026 (reprise Nous France)

Bruno Retailleau2/5

Le 7 janvier 2026 il a proposé de plafonner l'ensemble des aides à 70 % du Smic (un couple avec deux enfants passerait de 2 375 € à 1 685 € d'aides cumulées) et un « revenu d'incitation à l'activité » fusionnant RSA, prime d'activité et ASS, avec 15 heures d'activité obligatoires et une baisse de l'allocation de 30 %. Il veut aussi que les étrangers attendent « cinq ans de présence légale et de travail » pour toucher les aides, sans aller jusqu'à la priorité nationale pour le logement social ; côté logement, il propose de relancer le prêt à taux zéro et de faciliter l'accès au logement social des plus modestes. → Note 2 : resserrement des minima sociaux et condition de nationalité pour les aides, qui s'éloignent de l'option préférentielle pour les pauvres ; la relance du logement tempère à peine.

Source — Public Sénat, 7 janvier 2026 ; Observ'Algérie, 1er juillet 2026 (entretien à Valeurs actuelles du 30 juin) ; Public Sénat, 15 septembre 2026 ; Public Sénat, 9 octobre 2026

David Lisnard2/5

Il qualifie l'État-providence d'« aspirateur à pauvreté » (Midi Libre, 7 août 2026), veut supprimer l'AME au profit d'une aide d'urgence, réserver les prestations non contributives aux étrangers en séjour régulier depuis au moins cinq ans, supprimer l'article 55 de la loi SRU sur les logements sociaux et garantir qu'un temps plein gagne 500 € de plus que le revenu d'assistance le plus élevé. Il propose en contrepartie un minimum-vieillesse de 1 000 € par mois. → Note 2 : resserrement de la solidarité et condition de nationalité ou de durée de séjour pour les aides, en tension avec l'option préférentielle pour les pauvres ; le minimum-vieillesse nuance.

Source — Midi Libre, 7 août 2026, repris par Nouvelle Énergie ; programme Nouvelle Énergie, pages « Immigration » et « Réussir une nouvelle ambition française », 2026 ; meeting de Benfeld, Nouvelle Énergie, 2 octobre 2026

Il propose de revaloriser l'AAH d'environ 300 €, de rétablir le complément de ressources, de doubler les unités de soins palliatifs, d'augmenter de 25 % l'encadrement en EHPAD, de maintenir les APL indexées sur l'inflation et de viser 75 % de propriétaires. Il veut aussi supprimer l'Aide médicale d'État et les aides sociales non contributives (RSA, allocations familiales, aides au logement) pour les étrangers, et plafonner le cumul des aides sociales sous le SMIC. → Note 3 : engagements marqués envers le handicap, la dépendance et les familles modestes, mais exclusion des étrangers de plusieurs aides, contraire à l'accès sans discrimination de nationalité.

Source — debout-la-france.fr, pages « Handicap », « Logement », « Dépendance et fin de vie » et « Immigration et assimilation », consultées le 11 octobre 2026

Marine Le Pen1/5

Au meeting de rentrée du 13 septembre 2026, elle a proposé d'étendre la « priorité nationale » au logement social, de réserver les aides personnelles au logement (APL) aux Français, de vendre des HLM aux Français et d'expulser les familles délinquantes des logements sociaux ; son contre-budget réserverait les prestations de solidarité aux étrangers ayant travaillé cinq ans en France. Elle propose aussi de mettre des terrains publics à disposition pour bâtir des logements à loyer modéré et déclare : « Il ne peut pas y avoir de France à deux vitesses. » → Note 1 : l'accès aux aides et au logement conditionné à la nationalité contredit l'universalité de l'option préférentielle pour les pauvres, malgré des mesures de construction et de pouvoir d'achat.

Source — France 3 Hauts-de-France (avec AFP), 13 septembre 2026 ; franceinfo, 14 septembre 2026 ; franceinfo, 8 octobre 2026

Éric Zemmour2/5

Son programme 2022 supprime les aides non contributives (RSA, allocations familiales, aides au logement, minimum vieillesse) pour les étrangers extra-européens, supprime l'Aide médicale d'État au profit des seuls soins d'urgence, abroge la loi SRU et le DALO et réserve le logement social aux Français ; en janvier 2022, il proposait de scolariser les enfants handicapés en établissements spécialisés, dénonçant « l'obsession de l'inclusion ». Il prévoit aussi 15 000 places pour adultes handicapés, 50 000 accompagnants d'élèves, 400 000 places en Ehpad et la revalorisation des petites retraites ; le 17 septembre 2026, il a ajouté l'expulsion des étrangers au chômage depuis un an, même en situation régulière. → Note 2 : mesures réelles pour le handicap et le grand âge, mais accès aux aides conditionné à la nationalité et au statut.

Source — Programme « Pour que la France reste la France », Éric Zemmour, 2022 ; Wikipédia, 14 janvier 2022 ; franceinfo (AFP), 17 septembre 2026