Vote catholique

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Économie

Propriété, marché et destination universelle des biens

La doctrine sociale reconnaît la légitimité de la propriété privée et de l'initiative économique, tout en rappelant qu'elles restent subordonnées au principe de la destination universelle des biens : la terre et ses ressources sont destinées à tous. Elle appelle à un marché encadré par des règles justes, capable de servir le développement intégral de la personne plutôt que la seule accumulation.

Compendium de la doctrine sociale de l'Église — §171-184

Rappelle que la propriété privée n'est jamais un droit absolu et reste subordonnée à la destination universelle des biens de la terre.

Jean-Paul II, Centesimus Annus — 1991

Reconnaît la valeur du marché et de l'entreprise tout en avertissant contre un capitalisme qui ignorerait l'éthique et la personne humaine.

Benoît XVI, Caritas in Veritate — 2009

Appelle à une mondialisation orientée vers le développement intégral de l'homme et non la seule logique du profit.

Positions sourcées à partir des programmes, votes et déclarations publiques des candidats, arrêtées au 11 octobre 2026— une campagne évolue, et un thème sans source suffisante est marqué « non évalué » plutôt qu'inventé. Chaque note de 1 à 5 est indicative et justifiée ; voir la méthodologie.

Position des candidats sur ce thème

Nathalie Arthaud2/5

Elle réclame l'« expropriation sans indemnité » des actionnaires, en commençant par l'industrie pétrolière et l'armement, la confiscation de leurs profits, la levée du secret des affaires et, plus largement, la fin de la propriété capitaliste sur les grands moyens de production, « collectivisés » sous contrôle des travailleurs. Elle rejette comme illusoire toute réforme de « justice sociale et fiscale ». → Note 2 : dénonciation de la course au profit proche de la doctrine, mais collectivisation des grands moyens de production contraire à la propriété à fonction sociale (CEC §2425).

Source — Brochure « Présidentielle 2027 », mai-juin 2026 ; discours du 26 septembre 2026

Jean-Luc Mélenchon3/5

Le programme est présenté comme une rupture avec le capitalisme et la politique de l'offre ; l'édition 2025 consacre un chapitre à « Par delà la propriété privée », avec planification et renationalisations. Dans une tribune du 4 septembre 2026, il propose de congeler ou d'annuler la dette publique détenue par la BCE, et sa note du 18 septembre 2026 propose des « stocks publics » de matières premières pour stabiliser les prix. → Note 3 : subordination de la finance et du marché à l'intérêt commun convergente, mais extension de la propriété publique et planification proches du collectivisme que rejette l'Église.

Source — LCP, 4 mai 2026 ; melenchon2027.fr, L'Avenir en commun (édition 2025, table des matières) ; Mediapart (tribune reprise sur melenchon.fr), 4 septembre 2026 ; Institut La Boétie, 18 septembre 2026

Fabien Roussel3/5

Il défend la nationalisation de secteurs stratégiques tout en affirmant en 2021 qu'il « ne s'agit pas d'étatiser l'économie » ; en 2022 il proposait de rétablir et tripler l'ISF et de conditionner les aides aux entreprises. Le 11 septembre 2026, il a demandé à TotalEnergies de baisser le prix de l'essence de 30 à 50 centimes, faute de quoi « il faudra la nationaliser » (« nationalisation-sanction »). → Note 3 : subordination du marché au bien commun et justice fiscale convergentes, mais recours annoncé à la nationalisation qui dépasse la propriété à fonction sociale reconnue par l'Église.

Source — LCP, 11 septembre 2026 ; Wikipédia, « Fabien Roussel » (consulté le 11 octobre 2026)

François Ruffin4/5

Il propose une taxe de 4 % sur les dividendes au-delà de 10 M€ (2 % en dessous) pour financer la transition, des prix planchers agricoles avec interdiction des importations sous ces prix, un plan de relocalisation de "100 produits", la possibilité de "nationaliser certaines entreprises stratégiques" et le passage d'EDF à un modèle 100 % public. La propriété privée des PME n'est pas remise en cause. → Note 4 : marché régulé et subordonné à des finalités sociales, avec une étatisation ciblée et non généralisée.

Source — nouspresident.fr, cahiers « Pour séparer l'argent de l'État » et « Travaillisme écologique », 2026 ; Le Grand Continent, 25 février 2026

Marine Tondelier3/5

Son programme prévoit une taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, une neutralité carbone visée en 2040 et le conditionnement écologique des aides aux entreprises. Elle critique un capitalisme incompatible avec les limites planétaires (« Si vous voulez, mais il faudra m'expliquer ce qu'on met à la place », L'Humanité, 2024) et défend une économie sociale et solidaire. → Note 3 : régulation du marché et justice fiscale convergentes, mais critique globale du capitalisme sans position documentée sur la propriété privée et son rôle légitime.

Source — Parlons Politique, 13 juillet 2026 ; France-Vote, 7 septembre 2026 ; Wikipédia (fiche Marine Tondelier, consultée le 11 octobre 2026)

Delphine Batho3/5

Génération Écologie porte la décroissance et critique le fait que « tous les partis politiques ont le même programme : la croissance du PIB », dans un projet « en rupture avec le libéralisme et le socialisme ». Elle a voté pour l'impôt plancher de 2 % sur le patrimoine des ultra-riches (20 février 2025). Son projet économique chiffré pour 2027 n'est pas publié. → Note 3 : rejet simultané du libéralisme et du collectivisme et justice fiscale convergents, mais la décroissance comme cadre est un choix que la doctrine n'énonce pas.

Source — Génération Écologie, page « Notre projet » (consultée en octobre 2026) ; Datan.fr, scrutin du 20 février 2025

Raphaël Glucksmann4/5

Son programme assume un pilotage public de l'industrie (« Fabriqué en France », protectionnisme « ciblé et intelligent », fonds régionaux au capital d'entreprises clés), la reprise d'entreprises par les salariés en coopératives, une taxation automatique des superprofits et un rééquilibrage de la fiscalité entre travail, capital et héritage ; il veut financer une hausse des salaires nets en taxant les 1 % des plus gros héritages (15 milliards d'euros). → Note 4 : marché subordonné à des finalités sociales et fiscalité redistributive, proches de la destination universelle des biens, sans rejet du marché ni de la propriété privée.

Source — Place publique, « Acte I », chantiers 4 et 16, chantier cadre ; Public Sénat, 24 août 2026

Olivier Faure4/5

Il a voté l'instauration d'une taxe Zucman sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros (31 octobre 2025) et propose de « faire cotiser l'IA » pour financer retraites et protection sociale, ainsi que de lier les aides publiques aux entreprises à des hausses de salaires. Son projet maintient une économie de marché régulée et ne prévoit pas de suppression de la propriété privée. → Note 4 : marché régulé au service du bien commun et justice fiscale, proche de la doctrine, sans rejet du collectivisme explicitement formulé.

Source — Datan.fr, votes d'Olivier Faure, 31 octobre 2025 ; AFP/Boursorama, 17 septembre 2026

Ségolène Royal4/5

Elle défend le retour de l'ISF, critique « les 160 milliards donnés aux entreprises sans conditions » (octobre 2025), propose une TVA allégée sur les aliments produits en France et une baisse des taxes sur l'énergie, et rejette l'annulation de la dette (débat LCI, 23 septembre 2026) ; elle veut aussi que « les entreprises puissent innover ». Elle propose de bloquer l'essence à 1,70 € jusqu'au 31 décembre et disait en octobre 2025 qu'elle retirerait la taxe carbone « en 24 heures ». → Note 4 : marché régulé, justice fiscale et conditionnalité des aides proches de la doctrine, mais mesures de prix et de baisses de taxes peu chiffrées.

Source — franceinfo, 29 octobre 2025 ; franceinfo, 31 août 2026 ; Le Singulier, 4 septembre 2026 ; Beur FM, 24 septembre 2026 ; La Petite Boussole, 23 septembre 2026

Jérôme Guedj4/5

Il veut placer la concentration des patrimoines au cœur de la campagne et soumettre les très grandes fortunes à un impôt proportionnellement équivalent à celui des autres contribuables ; il a voté contre le projet de loi fraudes (7 avril 2026) au motif qu'il épargnait la fraude fiscale. Il défend le compromis budgétaire avec le gouvernement Lecornu et ne propose pas de rupture avec l'économie de marché. → Note 4 : marché régulé et justice fiscale en cohérence avec la fonction sociale de la propriété, sans collectivisme.

Source — Sud Radio, 7 juillet 2026 ; jerome-guedj.fr, 7 avril 2026

Emmanuel Maurel3/5

Il se résume en trois verbes (« démondialiser, démocratiser, démarchandiser »), propose un plan d'investissement de 300 milliards d'euros par un grand emprunt national, le rétablissement de l'ISF et a voté pour la taxe Zucman. Il rejette les accords de libre-échange (résolution contre l'accord UE-Mercosur). → Note 3 : régulation du marché et justice fiscale convergentes, mais « démarchandisation » et protectionnisme assumés vont au-delà de la doctrine.

Source — LCP, 9 octobre 2026 ; 2027etmoi.fr, octobre 2026 ; Datan, octobre 2026

Karim Bouamrane4/5

Il propose un fonds souverain de 100 milliards d'euros pour combler le manque de 500 000 logements par an, financé en grande partie par l'impôt sur la fortune immobilière (franceinfo, 24 juin 2026). Son manifeste associe gestion rigoureuse de l'argent public, simplification administrative et allègement des normes à une souveraineté industrielle, énergétique et alimentaire ; il se disait en 2024 favorable à une "start-up nation du 93". → Note 4 : initiative économique et justice fiscale sur le patrimoine, en économie de marché régulée ; le financement du fonds reste peu détaillé.

Source — franceinfo, 24 juin 2026 ; Manifeste, karimbouamrane2027.org, 2026 ; Bladi.net, 19 août 2024

Gabriel Attal3/5

Dans Le Parisien du 2 juillet 2026, il a proposé une loi de programmation économique et fiscale sur dix ans : retour du déficit sous 3 % du PIB avant 2032 et à l'équilibre en 2037, 120 à 150 milliards d'euros d'économies (150 milliards dans ses prises de parole de septembre) sans hausse d'impôts, 100 000 postes publics supprimés et une règle d'or constitutionnelle ; il ajoute 2 milliards de baisse d'impôts pour les classes moyennes et une baisse des impôts de production. Le 23 septembre, il a présenté un plan « Messmer II » visant un prix de l'électricité d'environ 75 €/MWh. → Note 3 : initiative économique et équilibre des comptes défendus, avec peu d'articulation à la destination universelle des biens ou à la subordination du marché au bien commun.

Source — MoneyVox (AFP), 3 juillet 2026 ; attalpresident.fr, 23 septembre 2026 ; Fondation iFRAP, comparateur Présidentielles 2027

Édouard Philippe3/5

Son programme prévoit une règle d'or constitutionnelle, un déficit ramené à 2 % du PIB en fin de quinquennat, un pacte fiscal avec les entreprises (50 milliards d'euros de baisses d'impôts de production contre 50 milliards d'aides jugées improductives en moins), un moratoire normatif et fiscal, un rééquilibrage du financement du modèle social pour qu'il ne repose plus uniquement sur le travail, et la protection du marché européen face à la concurrence chinoise. Le groupe Horizons a voté contre la taxe Zucman le 31 octobre 2025 (21 contre, 1 abstention). → Note 3 : marché encadré par une politique industrielle et commerciale européenne, mais orientation d'offre sans accent sur la destination universelle des biens ni sur la justice fiscale.

Source — edouardphilippe.fr, page « Pour une France plus prospère » (consultée le 11 octobre 2026) ; datan.fr, 31 octobre 2025

Olivier Becht3/5

Il affirme que la réussite économique "doit être au service de l'homme" et veut "mettre fin à une dépense publique irresponsable" ; en 2024 il promettait la réindustrialisation, la baisse des déficits par la suppression de normes et le refus de toute hausse d'impôts. Il a voté contre l'amendement LFI sur la progressivité de l'impôt sur le revenu (22 octobre 2024) et contre la première partie du PLF 2025 (12 novembre 2024). Le chapitre économique de son livre est annoncé pour le 15 octobre 2026. → Note 3 : formule de principe convergente (économie au service de l'homme), mais orientation fiscale et budgétaire modérément libérale, sans doctrine détaillée sur la destination universelle des biens.

Source — becht2027.fr, Le Projet France, partie 1, consulté le 11 octobre 2026 ; datan.fr, scrutin du 22 octobre 2024 ; profession de foi, législatives 2024

Xavier Bertrand3/5

Il annonce 20 milliards d'euros d'économies par an pendant cinq ans, une baisse du nombre de fonctionnaires, « pas de nouveaux impôts » et des économies sur les retraites et l'assurance chômage mais pas sur la santé ; il affirme que « ce ne sont pas les politiques qui créent directement de l'emploi, ce sont les entrepreneurs ». En février 2026 il proposait de redistribuer aux artisans, infirmiers et salariés les recettes supplémentaires de l'État liées à la hausse du carburant. → Note 3 : rôle de l'entrepreneur et rigueur budgétaire assumés, avec des correctifs sociaux ponctuels, mais sans cadre explicite de destination universelle des biens.

Source — L'Opinion, septembre 2026 (reprise Nous France) ; La Provence, 4 juillet 2026 ; Nous France, février 2026

Bruno Retailleau3/5

Lors de son meeting du 20 juin 2026 il a réclamé un « vent de liberté » pour les entrepreneurs, une « tronçonneuse » dans les normes et critiqué le principe de précaution, affirmant que le pouvoir d'achat ne progressera pas sans plus de travail. Il a annoncé en janvier 30 milliards d'euros d'économies (15 pour le pouvoir d'achat, 15 pour la compétitivité) et, en juillet, un plan IA devant libérer 250 000 à 300 000 fonctionnaires. → Note 3 : initiative économique valorisée et régulation allégée, mais peu d'articulation explicite avec la destination universelle des biens ni la justice fiscale.

Source — Public Sénat, 20 juin 2026 ; Public Sénat, 7 janvier 2026 ; Maddyness, 7 juillet 2026

David Lisnard3/5

Il propose 80 milliards d'euros d'économies dès la première année puis 200 milliards par an en fin de quinquennat, un « choc massif de dérégulation », la suppression de la C3S et, le cas échéant, de la CVAE, et proclame « L'État-providence est mort. Vive l'État-performance ! ». Il défend en parallèle un « capitalisme populaire » : « Je veux que tous les Français deviennent copropriétaires des grandes entreprises françaises. » → Note 3 : initiative privée et diffusion de la propriété cohérentes avec la doctrine, mais dérégulation et baisse des prélèvements très poussées, sans encadrement du marché par le bien commun.

Source — Nouvelle Énergie, meeting de Saint-Raphaël, 10 juillet 2026 ; Nouvelle Énergie, discours du Campus de la Gagne, 1er septembre 2026 ; programme Nouvelle Énergie, 2026

Il défend un « protectionnisme intelligent » (droits de douane compensateurs, 75 % de la commande publique réservée aux entreprises produisant en France), vise à « relocaliser 2 millions d'emplois », baisse les impôts de production, rétablit un impôt sur les très grandes fortunes et propose d'emprunter à 0 % auprès de la Banque de France. → Note 3 : marché encadré au service de l'emploi et fiscalité des grandes fortunes, mais cadre national exclusif et sans référence à la destination universelle des biens.

Source — Le JDD, 19 septembre 2026 ; debout-la-france.fr, page « Économie et travail », consultée le 11 octobre 2026 ; dupontaignan.fr, « Libérons la France ! », 19 septembre 2026

Marine Le Pen3/5

Son contre-budget présenté le 6 octobre 2026 avec Jordan Bardella vise 140 milliards d'euros d'économies d'ici 2032 (dette ramenée de 121 % à 112 % du PIB), une règle d'or soumise à référendum, une taxe sur les rachats d'actions (11,4 milliards attendus dès 2027), une baisse des impôts de production industriels et la suppression de la TVA sur 100 produits de première nécessité. Des économistes et des concurrents (Édouard Philippe) jugent le scénario macroéconomique peu crédible ; le RN défend son plan. → Note 3 : marché encadré par l'État (taxe sur les rachats d'actions, TVA allégée sur l'essentiel), mais dans un cadre national et avec un plan d'économies massif dont les effets sociaux ne sont pas détaillés.

Source — Public Sénat, 6 octobre 2026 ; franceinfo, 8 octobre 2026

Éric Zemmour3/5

Son programme 2022 (« taxer moins pour gagner plus ») combine 30 milliards d'euros de baisse des impôts de production, un plan d'économies de 65 milliards et un protectionnisme ciblé (moratoire sur les traités de libre-échange, préférence aux fournisseurs nationaux). En 2026, l'AFP indique que son entourage s'appuiera davantage sur les idées économiques de Sarah Knafo, dont le livre « Le Casse du siècle » (Fayard, 2 septembre 2026) propose de supprimer 800 000 postes de fonctionnaires en cinq ans ; franceinfo y voit un manifeste « ultralibéral, voire libertarien », mais ce livre n'est pas le programme du candidat. → Note 3 : marché encadré par une logique protectionniste et industrielle, mais orientation 2026 plus libérale qui n'est pas encore arrêtée dans son programme.

Source — Programme « Pour que la France reste la France », Éric Zemmour, 2022 ; AFP, 13 septembre 2026 ; franceinfo, 8 septembre 2026